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J Le Normand: « ça fait du bien de reprendre la compétition »

Après une saison amputée de ses matchs retour et une autre à peine commencée, c’est une saison et demie de football qui aura été escamotée par la COVID. Naviguant dans l’inconnu, Jacques LE NORMAND aura dû s’adapter à plusieurs scénarios pour entretenir, d’une part la motivation et d’autre part préserver au mieux une bonne athlétisation de tout son groupe afin d’éviter les blessures en nombre pour reprendre le sport de haut niveau. Après les quatre premiers matchs de championnat, chacun a pu constater que ses joueurs avaient retrouvé le niveau, la répétition des efforts à haute intensité et surtout le besoin sublimé de la compétition.

Si pour nous supporteurs, tout nous parait simple et normal, il est intéressant ici de vivre un peu plus de l’intérieur comment le coach a vécu ses longs moments de séparation où les joueurs ont continué à s’entretenir ou à s’entrainer pour être prêts le jour J

Jacques, qu’est-ce que cela représente de reprendre la compétition après un si long arrêt ?
Cela fait du bien. La compétition c’est notre ADN, et rien ne la remplace avec cette adrénaline d’avant-match et pendant le match. C’est vraiment ce qui nous tient, nous les sportifs. Nous avons besoin de ressentir ces doutes, ces incertitudes, les moments forts.

Cette période a été compliquée à gérer pour l’entraîneur que tu es ?

Non, pas trop. Cette période était la même pour tout le monde. Il fallait lutter contre cette pandémie, s’adapter. On a été beaucoup dans l’adaptation. Il fallait conserver les joueurs non pas sous pression mais en condition, psychologiquement en éveil. On se doutait que la compétition allait reprendre sans connaître la date. Il convenait de conserver un état d’esprit, un collectif, créer du lien pour qu’il n’y ait pas de dispersion. Il ne fallait pas perdre le lien entre nous pour éviter un retour à la compétition difficile. On a fait le bon choix en conservant des séances d’entraînement régulières, hebdomadaires le samedi. Avoir l’espoir de reprendre la compétition nous tenait aussi.

As-tu craint que certains joueurs décrochent ?

Oui, c’était notre crainte. On a vu à travers certains comportements que l’investissement n’était pas le même. Or, si pour un sportif de haut niveau l’investissement n’est pas le même, l’arrivée de blessures peut être plus rapide, la qualité technique moindre.

Comme on n’a pas de curseur, il est celui de la compétition, on fait des jeux entre-soi mais ce n’est pas révélateur d’un niveau. C’est vrai que j’ai vu des joueurs lâcher. Un gros travail psychologique a été réalisé, autant que le travail physique.

Cette longue interruption a-t-elle modifié ton approche de la compétition, de sa reprise ?

On avait arrêté la saison il y a deux ans, sans finir le championnat, on avait refait six matches de championnat avant de s’arrêter. Cela a fait presque deux ans sans compétition. Pour un sportif un tel arrêt est énorme. L’entraînement, l’enchaînement des matches permet d’avoir un très bon niveau. En un an et demi, le corps n’est plus à répéter les efforts. Il y a un désentraînement qui provoque des blessures, des méformes. Quand on ne joue plus le corps s’adapte à un rythme beaucoup plus lent. L’organisme doit redécouvrir plein de choses. Ma crainte était là. C’est pour cela que j’ai voulu avoir un effectif beaucoup plus conséquent car je me doutais bien qu’il y allait y avoir des blessures. C’est le cas aujourd’hui avec huit absents, presque une équipe.

Ton rôle d’entraîneur a t-il changé à la suite de ce que nous vivons depuis près de deux ans ?

Complètement. C’est la première fois où nous les entraîneurs sommes confrontés à une telle situation. Comment fixer des objectifs sans visibilité ? Il fallait être assez adroit pour en trouver malgré tout. Il a été nécessaire de revoir beaucoup de choses dans le contenu des entraînements, dans leur approche, notamment celle psychologique, surtout de chaque joueur.

Mais cela a été enrichissant. Cela a permis de prendre du recul sur la fonction d’entraîneur. Il faut utiliser cette période comme un temps de passage, un temps de réflexion. En temps normal, on a toujours la tête dans le guidon. Là, on a été posé et cela a permis de s’interroger sur le contenu des entraînements, sur la composition du groupe qu’on aura à disposition six mois après.

La saison est plutôt bien partie…

Compte tenu des circonstances et du manque de repères, je pense que nous sommes bien. Après trois matches à domicile, il y a deux victoires et un nul. Puis, cette victoire contre le Stade Rennais nous permet de penser que l’on n’est pas trop mal. Le Stade Rennais est un révélateur. C’est une excellente formation qui jouera le haut de tableau. On est dans un temps de passage pour lequel j’aurais signé avant le début du championnat. Maintenant, il faut confirmer et se dire que rien n’est acquis.

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