Le retour de la tribune de la K’fet
...

Le retour de la tribune de la K’fet

Par Michel Rollo
le 09 Juin 2020

Du jamais vu, même pour les plus anciens du club, sorti d’un autre monde, jamais un championnat n’aura été aussi brutalement arrêté alors qu’il restait un tiers des rencontres à disputer. On ne saura donc jamais ce que le sanglier nous réservait dans un final des plus passionnants, en ayant réussi un parcours comme jamais à ce niveau. Enorme frustration certainement, car, après avoir été la moitié du championnat en tête, il avait dû céder sa place de leader, quelques semaines plus tôt, lors d’un fait de jeu, lui aussi, sorti d’un épais brouillard des règles du football. Finalement on s’en tiendra aux propos de Jacques LE NORMAND auprès de la presse ce soir-là,  avec cette fois-ci, l’approche visionnaire et réaliste, puisqu’il en était ainsi : « PLABENNEC sera champion, bravo à eux »

C’est aussi avec tout le recul et la sagesse retiré du confinement, qu’il nous présente ici le bilan 2019-2020 d’une merveilleuse symphonie inachevée d’un groupe de joueurs solidaires qui nous aura fait rêver. ET on est tous pressé de les retrouver pour une seconde saison….

Jacques Le Normand «  Le groupe a connu un sentiment d’inachevé »

 Comment as-tu vécu cette fin de saison arrêtée brutalement ?

Je l’ai vécue bizarrement. Nous étions dans une très bonne spirale sportive et nous nous sommes trouvés dans l’obligation de nous plier aux contraintes sanitaires et aux exigences ministérielles. Elles étaient logiques en raison du danger qui existait. Sur le plan sportif, cet arrêt a été particulier, brutal. Il a fallu l’assimiler.

Est-ce qu’il y a eu un sentiment de frustration ?

Oui, complètement. On se trouvait  dans le haut du tableau, proche d’un objectif et le groupe n’a pas pu aller au bout de quelque chose. Il ne saura jamais s’il aurait pu l’atteindre ou non.  Ce sera d’ailleurs l’un des éléments que je vais pouvoir conserver au moment d’attaquer la nouvelle saison. A nous de nous dire que celle qui vient de s’achever n’est pas encore terminée.

T’attendais-tu à une telle saison ?

C’était la meilleure saison que la TA ait pu faire jusqu’à présent à ce niveau-là. Lors de ces six saisons vécues en CFA2 – Nationale 3, les débuts de saison étaient toujours délicats. Après une mise en route difficile, on faisait souvent de très bonnes secondes parties de championnat après avoir effectué quelques réglages qui nous permettent de nous classer en milieu de tableau.

Là, exceptionnellement, on réalise un très bon début de saison comme jamais en étant en tête à la fin de la poule aller. On était dans la continuité après cinq matches dans la poule retour, avec huit matches restant à disputer. On était dans les trois premiers d’un quatuor composé de Plabennec, Pontivy, Dinan et nous. A quatre points les uns des autres, tout restait jouable.

La montée en N2 a traversé l’esprit du groupe ?

Comme tout compétiteur qui se respecte, on veut toujours aller plus loin. Ce n’était pas l’objectif de départ. Il était de pérenniser le club en N3 avec un certain confort. Au terme de la poule aller, on voulait rester à la place qui était la nôtre. On ne voulait pas rétrograder à la deuxième, à la troisième. Je pense qu’à un moment, les joueurs ont voulu toucher le graal. En interne, on a tout fait pour entretenir ce souhait.

Comment le groupe a vécu cet arrêt brutal ?

Quand on se trouve dans une course à un objectif, il y a bien sûr une frustration énorme.  Il a eu un sentiment d’inachevé. Personnellement, je l’ai moins ressenti parce que j’ai un peu plus d’âge, d’expérience, de recul par rapport aux évènements qui se sont produits.

Mais j’ai apprécié cette saison car elle était aboutie avec la meilleure défense, à l’image des fondations qui font tenir une maison, la meilleure attaque, avec une équipe qui a produit du jeu, volontaire, travailleuse. C’était super agréable et je tiens à remercier le staff qui a fait un super travail, l’ensemble des dirigeants et le président qui nous permet de travailler dans les meilleurs conditions possibles. Cet ensemble de choses a fait qu’on n’est pas là par hasard.

Vous vous êtes retrouvés physiquement  récemment. Comment s’est déroulée cette reprise ?

Le confinement m’a permis de réfléchir à certaines choses. Les joueurs s’entraînent quatre fois par semaine, ont très peu de pause. Leur période d’inactivité est brève. Là, elle pouvait être de quatre mois si on ne faisait rien d’ici fin juillet. Je pensais donc qu’il fallait absolument reprendre et c’est ce que l’on a pu faire le 2 juin en respectant les normes sanitaires.

On fait trois séances par semaine, par groupes de huit avec un éducateur par groupe. L’objectif est simple : redonner du potentiel à des joueurs qui ont connu une vraie fonte musculaire malgré le travail musculaire réalisé sérieusement pendant le confinement, remettre l’organisme en activité, notamment sur le plan cardiaque, solliciter de nouveau les tendons, les muscles… Cela va se faire progressivement durant tout ce mois de juin pour un retour à la normale en juillet, du moins je l’espère. Avec un nombre de matches de préparation plus important qu’à l’habitude. Il faudra retrouver des repères avant le début de la prochaine saison, fin août.

Le groupe ne s’est pas vu pendant de longues semaines…

Je ne suis pas fan des réseaux sociaux. Mais grâce à l’application WhatsApp, on avait créé un groupe avec le staff, les joueurs. Cela a permis de conserver un contact virtuel pour échanger, prendre des nouvelles, se chambrer et conserver une activité. C’était rassurant pour les joueurs d’avoir du travail à faire et de rendre leurs copies, comme à l’école (rires). Cela a également permis de tisser des liens entre nous, à les renforcer.

Tous ces évènements ont permis de cimenter un groupe qui était déjà très uni. La preuve, les trois joueurs qui nous quittent ont tenu à venir saluer leurs copains le 2 juin… L’an passé, il y a eu seulement trois nouveaux joueurs et cette saison, ce sera la même chose. On ne va pas faire un ajout de joueurs pour un ajout de joueurs. On veut conserver le  noyau dur de ce groupe qui se connait depuis de nombreuses années. C’est un des vecteurs de notre réussite.

La qualité de cette saison va-t-elle être un sujet de pression pour 2020-2021 ?

Vu de l’extérieur, c’est probable. Pour nous, cette pression est permanente. Ce groupe cherche toujours le perfectionnement, aura sûrement envie de faire aussi bien. Cela ne sera pas simple eu égard au résultat passé. Bien démarrer la saison sera, sans doute, un gage de réussite, rendra les choses plus faciles.